7 novembre 2016 Prix IDDEA

« La détermination est essentielle à la réussite d’un projet!»

Le 24 novembre prochain, les trois projets lauréats du Prix IDDEA seront dévoilés à l’occasion du Gala de clôture de cette 5ème édition. Mais comment sont-ils choisis ? Pascal Bourgier, président du jury et coach chez GENILEM, nous parle des critères de sélection du Prix et rappelle aux candidats les clés d’une présentation réussie.

Le 11 novembre les candidats présenteront leur projet au jury qui choisira alors les 3 meilleurs projets. Sur quels critères sont-ils jugés ?

Le jury IDDEA base son évaluation sur de nombreux critères. Pour n’en citer que quelques-uns, l’existence et la validation d’un marché sont des prérequis à la réussite de tout projet. Si ces critères ne sont pas remplis et que la pérennisation du projet n’est pas assurée, il semble difficile de s’attarder sur des aspects de développement durable et de responsabilité sociale. Ce sont donc ces deux critères qui sont évalués en premier.

L’utilisation que les candidats vont faire du prix pèse aussi dans la balance. Par exemple, si un projet a besoin de 20 millions pour être mené à bien, gagner le Prix IDDEA ne lui sera pas d’une grande utilité pour son développement. Les projets sur lesquels le prix aura un réel impact sont donc privilégiés. Enfin, l’aspect innovant est également évalué lors des délibérations du jury. Si nous voyons pour la 20ème fois le même projet, celui-ci perdra nécessairement des points par rapport à d’autres concepts que nous découvrons pour la première fois. Or, rappelons que le Prix IDDEA a vocation à encourager « des idées innovantes de développement durable ».

Au fil des ans, de nouvelles tendances d’entrepreneuriat durable émergent-elles parmi les projets présentés ?

Depuis deux ans, nous pouvons constater un engagement particulièrement marqué pour la nourriture locale et les filières d’approvisionnement courtes. Cela reflète certainement une sensibilité grandissante de la société envers cette problématique ainsi qu’une envie de mieux connaître les produits que l’on consomme.

Les candidats devront présenter leur business plan au jury, avant de répéter cet exercice devant le public du théâtre Pitoëff : quels conseils leur donnez-vous ?

Sur le fond, un business plan doit être fondé sur la réalité du terrain. Les candidats doivent donc démontrer au jury qu’ils ont étudié le marché avant de se lancer et que les consommateurs sont prêts à mettre le prix qu’ils ont fixé pour leur produit ou service. Le succès ou l’échec de tout projet dépendra de la demande du marché. Je recommande aussi aux candidats d’insister sur la stratégie marketing et commerciale qu’ils ont mise en place afin de bien nous expliquer comment ils vont se faire connaître et arriver jusqu’au consommateur.

Sur la forme, mon conseil est le suivant : partez toujours du besoin pour exposer votre projet ! En premier lieu, parce qu’aucun business n’est possible sans l’existence d’un besoin. Ensuite, parce qu’il est nécessaire de créer un suspense et de tenir les auditeurs en haleine. Pour ce faire, je préconise l’utilisation de la méthode SIR : situation, impact, résolution. Une technique qui permet de bien faire comprendre au public quel est le besoin et de quelle manière le projet y répond. Enfin, face au jury, maîtriser le timing de sa présentation est indispensable ! Cela montre que l’on est préparé et que l’on connaît bien son sujet.

Gagner un prix ne suffit pas à la réussite d’un projet : quel élément est déterminant, selon vous, une fois le prix reçu ?
Très certainement la personne qui est derrière le projet : sa détermination et sa personnalité sont essentielles. Le plus beau projet du monde n’aboutira que s’il est porté par la bonne personne. Celle-ci doit être capable de se battre et de faire avancer son idée envers et contre tout car comme disait Michel Audiard, « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche » !

Propos recueillis par Anouk Zbinden