Impact environnemental : Agir et communiquer

Damien Friot est formateur au Prix IDDEA et est notamment responsable du cours «Impact environnemental, agir et communiquer». Qui est-il, quel est son parcours et qu’apprennent nos candidats avec lui ? Rencontre…

QUI EST DAMIEN FRIOT ?

 

Il y a 10 ans, Damien Friot co-fondait Quantis, une entreprise spécialisée dans le domaine de l’empreinte environnementale. Rapidement devenue leader dans son domaine, cette entreprise lui a permis de travailler pour des multinationales et de collaborer avec elles sur des approches environnementales très pertinentes mais encore trop peu appliquées.

Suite à la fondation de EA – Shaping Environmental Action en 2014, Damien a pris ses quartiers à l’Impact Hub de Genève et a dès lors côtoyé le monde des start-up. Rapidement, il y constate une lacune : beaucoup d’idées positives et de projets visant à améliorer la société prennent forme mais peinent à évaluer concrètement leur impact. Le formateur a donc décidé de proposer aux start-up le même type d’approche qu’aux multinationales pour les aider à comprendre si leur potentiel environnemental existe vraiment et comment le valoriser au maximum.

EN QUOI CONSISTE LE COURS
«IMPACT ENVIRONNEMENTAL, AGIR ET COMMUNIQUER»

 

Le cours vise à apprendre aux candidats à identifier les aspects environnementaux clés de leur activité ou de leur produit. Sont également étudiées l’analyse des risques et des parties prenantes en se basant sur des outils d’évaluation d’empreinte environnementale tels qu’ Ecobilan ou Analyse du Cycle de Vie.Les porteurs de projet apprennent à agir sur leurs impacts écologiques et à communiquer sur leur performance. Les aspects tant environnementaux que ceux liés au marketing,aux modèles d’affaires, aux contraintes opérationnelles et aux perceptions sont pris en compte.

« Je souhaite que mes étudiants soient capables de comprendre quels sont les impacts clés de leur activité et comment valoriser cette connaissance en terme de marketing et de communication auprès de leurs parties prenantes. »

LES RECOMMANDATIONS DU FORMATEUR…

 

«Je crois que la quanti cation basées sur l’Analyse de Cycle de Vie est essentielle, que ce soit pour du reporting, pour l’identi cation d’actions potentielles ou de la communication.

Cette approche fournit une vision structurée considérant toute la chaîne de valeur (incluant les fournisseurs, la production, les activités de consommation et la gestion des déchets) et couvrant un large nombre d’indicateurs (le réchauffement climatique, la santé humaine, les impacts sur les ecosystèmes, etc.)»

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« La détermination est essentielle à la réussite d’un projet!»

Le 24 novembre prochain, les trois projets lauréats du Prix IDDEA seront dévoilés à l’occasion du Gala de clôture de cette 5ème édition. Mais comment sont-ils choisis ? Pascal Bourgier, président du jury et coach chez GENILEM, nous parle des critères de sélection du Prix et rappelle aux candidats les clés d’une présentation réussie.

Le 11 novembre les candidats présenteront leur projet au jury qui choisira alors les 3 meilleurs projets. Sur quels critères sont-ils jugés ?

Le jury IDDEA base son évaluation sur de nombreux critères. Pour n’en citer que quelques-uns, l’existence et la validation d’un marché sont des prérequis à la réussite de tout projet. Si ces critères ne sont pas remplis et que la pérennisation du projet n’est pas assurée, il semble difficile de s’attarder sur des aspects de développement durable et de responsabilité sociale. Ce sont donc ces deux critères qui sont évalués en premier.

L’utilisation que les candidats vont faire du prix pèse aussi dans la balance. Par exemple, si un projet a besoin de 20 millions pour être mené à bien, gagner le Prix IDDEA ne lui sera pas d’une grande utilité pour son développement. Les projets sur lesquels le prix aura un réel impact sont donc privilégiés. Enfin, l’aspect innovant est également évalué lors des délibérations du jury. Si nous voyons pour la 20ème fois le même projet, celui-ci perdra nécessairement des points par rapport à d’autres concepts que nous découvrons pour la première fois. Or, rappelons que le Prix IDDEA a vocation à encourager « des idées innovantes de développement durable ».

Au fil des ans, de nouvelles tendances d’entrepreneuriat durable émergent-elles parmi les projets présentés ?

Depuis deux ans, nous pouvons constater un engagement particulièrement marqué pour la nourriture locale et les filières d’approvisionnement courtes. Cela reflète certainement une sensibilité grandissante de la société envers cette problématique ainsi qu’une envie de mieux connaître les produits que l’on consomme.

Les candidats devront présenter leur business plan au jury, avant de répéter cet exercice devant le public du théâtre Pitoëff : quels conseils leur donnez-vous ?

Sur le fond, un business plan doit être fondé sur la réalité du terrain. Les candidats doivent donc démontrer au jury qu’ils ont étudié le marché avant de se lancer et que les consommateurs sont prêts à mettre le prix qu’ils ont fixé pour leur produit ou service. Le succès ou l’échec de tout projet dépendra de la demande du marché. Je recommande aussi aux candidats d’insister sur la stratégie marketing et commerciale qu’ils ont mise en place afin de bien nous expliquer comment ils vont se faire connaître et arriver jusqu’au consommateur.

Sur la forme, mon conseil est le suivant : partez toujours du besoin pour exposer votre projet ! En premier lieu, parce qu’aucun business n’est possible sans l’existence d’un besoin. Ensuite, parce qu’il est nécessaire de créer un suspense et de tenir les auditeurs en haleine. Pour ce faire, je préconise l’utilisation de la méthode SIR : situation, impact, résolution. Une technique qui permet de bien faire comprendre au public quel est le besoin et de quelle manière le projet y répond. Enfin, face au jury, maîtriser le timing de sa présentation est indispensable ! Cela montre que l’on est préparé et que l’on connaît bien son sujet.

Gagner un prix ne suffit pas à la réussite d’un projet : quel élément est déterminant, selon vous, une fois le prix reçu ?
Très certainement la personne qui est derrière le projet : sa détermination et sa personnalité sont essentielles. Le plus beau projet du monde n’aboutira que s’il est porté par la bonne personne. Celle-ci doit être capable de se battre et de faire avancer son idée envers et contre tout car comme disait Michel Audiard, « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche » !

Propos recueillis par Anouk Zbinden

« Vous avez une idée? Foncez! »

Alors que l’appel à projets du Prix IDDEA a été lancé début février, Christophe Barman, CEO de Loyco et Président de l’Association IDDEA, nous explique, au détour de trois questions, ce que la participation à ce concours d’entrepreneuriat durable apporte aux candidats.

Christophe Barman, tout d’abord, pourquoi ce prix?

L’objectif est bien entendu de promouvoir un maximum l’entrepreneuriat durable. Nous n’avons pas tellement le choix, si nous voulons léguer aux générations futures un monde dans lequel elles pourront encore vivre correctement.

Et pourquoi y participer?

Pour transformer votre idée en véritable projet d’entreprise ! La plupart des prix d’entrepreneuriat durable exigent la présentation d’un business plan comme condition de participation. Nous souhaitions au contraire que tout un chacun puisse tenter sa chance. Notre objectif était de permettre à ceux qui ont une idée de projet durable de la concrétiser sans devoir surmonter seuls les barrières liées aux compétences de gestion d’entreprise. C’est pourquoi, les participants sélectionnés pour participer au concours IDDEA reçoivent 6 mois de formation gratuite. Nous avons également voulu un processus d’inscription le plus simple possible : il suffit aux candidats de poster leur idée sur notre site web et pour cela, 3 ou 4 clics suffisent !

 Que diriez-vous à une personne intéressée qui hésite à s’inscrire ?

Je lui dirais de foncer ! Si elle a une idée en laquelle elle croit, il ne faut pas que l’aspect gestion d’entreprise la freine. En effet, j’ai toujours été impressionné ces dernières années par la transformation des participants avant et après les formations IDDEA. Depuis le premier pitch de présentation des projets, où l’on voit se dessiner des idées aux contours encore flous jusqu’à la soirée de clôture, où des présentations bien ficelées s’enchaînent, l’évolution est réjouissante. C’est la preuve que les participants qui ont une idée valable, mais sans savoir comment s’y prendre, sortent grandis de ces formations et sont capables, in fine, de convaincre de la validité de leur projet, un business plan à l’appui.