Juliette, lauréate du deuxième Prix IDDEA 2017, nous partage sa solution

Juliette a remporté le deuxième Prix IDDEA 2017. Cette jeune entrepreneuse prend son courage à deux mains pour sensibiliser les consommateurs à l’impact humain et écologique généré par l’industrie textile. Elle nous propose sa solution…

 

Qui êtes-vous et comment êtes-vous arrivé au Prix IDDEA ?

Je m’appelle Juliette Gallet et je suis la fondatrice de Around the CornerEarth and people friendly fashion shop. J’ai entendu parler du prix il y a 2 ans par des amis.

 

Parlez-nous de votre projet…

Around the Corner est le premier Fashion Truck de Suisse pour la mode durable.

Dans ce truck, les clients pourront trouver des articles de mode (habits et accessoires) issus de productions durables, respectueuses de l’environnement et confectionnés par des couturières-iers rémunérés par un salaire équitable.

L’idée du truck est de pouvoir nous déplacer au plus près de nos clients et ainsi leur proposer un accès facilité à la mode durable tout en créant un vrai lien de proximité. Notre volonté est de faire tomber les barrières et les aprioris existants sur la mode durable ainsi que d’élargir l’offre présente en Suisse romande.

Êtes-vous à 100% engagée dans votre projet ?

Je suis actuellement employée à 80% comme chargée de projet marketing par une entreprise privée, je consacre donc 20% de ma semaine à Around the Corner ainsi que tout mon temps libre. A terme bien sûr, l’objectif est de pouvoir travailler à 100% pour Around the Corner.

D’où vous est venu cette sensibilité pour la mode durable ?

J’ai découvert la thématique de la mode durable lors d’un stage dans l’ONG Public Eye (anciennement la Déclaration de Berne) qui est très active sur cette question.

 

L’Industrie de la mode, telle que nous la connaissons aujourd’hui (modèle du Fast Fashion), nous pousse à consommer davantage et pour toujours moins cher. Cela nous fait perdre toute connexion avec nos habits alors qu’au bout de la chaîne, ce sont des humains qui les ont fabriqués. Aujourd’hui nous consommons des habits comme des biens jetables avec toutes les conséquences que cela implique au niveau humain et écologique et c’est précisément le contraire que nous souhaitons offrir à nos clients. Nous proposons des habits de qualité et qui ont été confectionnés de manière durable. En travaillant de manière directe avec les Fashion designers et les usines textiles nous réduisons les marges intermédiaires et pouvons ainsi proposer les articles à prix tout à fait concurrentiel sur le marché du textile en Suisse.

Après la tendance du bio dans le domaine alimentaire, la mode durable est-elle le prochain trend ?

C’est une bonne question.

Les études montrent que les consommateurs sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils achètent. La tendance a commencé avec la nourriture, le bio notamment et devrait s’étendre sur les autres domaines de consommation courante, dont l’habillement.

 

Il est vrai que nous entendons de plus en plus parler des problèmes liés à l’industrie textile. Il faut maintenant commencer à parler de ce que nous pouvons faire pour avoir un impact contraire et positif.

 

Après le Prix IDDEA, quelles sont les prochaines étapes importantes pour le projet ?

Trouver du financement ! Il faudra encore (un peu) d’argent pour acheter le truck et les premières collections. Nous allons prochainement lancer une campagne de crowdfunding. Affaire à suivre…

Quand pourra-t-on s’habiller durablement à Genève ?

Notre objectif est de lancer le truck dès le printemps 2019.

Cela peut paraitre lointain mais dans l’industrie du Slow Fashion les collections se commandent minimum 6 mois à l’avance. La collection printemps/été 2019 sera donc commandée en août 2018 ce qui est déjà…demain !

Interview du lauréat Jean David

Jean David a gagné le premier prix du concours IDDEA 2017. Cet amoureux de la vie à la saine ambition nous en raconte un peu plus sur lui, son projet et sa passion du fromage…

 

Qui êtes-vous et comment êtes-vous arrivé au Prix IDDEA ?

 

Je suis né à Genève il y a 34 ans et je me définis comme un être bon vivant qui aime bien manger…Simple de personnalité et proche de la nature, je cherchais depuis un bon moment un moyen de financer ma fromagerie mobile.

 

Parlez-nous justement de cette fromagerie mobile…

 

Il s’agit d’une roulotte tractée par des chevaux à l’intérieur de laquelle il y a un petit laboratoire de transformation laitière. Le principe est de passer dans les fermes genevoises et d’acheter leur lait pour ensuite en faire de la raclette….genevoise !

Mon concept est de valoriser et de soutenir les producteurs laitiers locaux en doublant leur chiffre de vente. De moins de 50 centimes le litre actuellement, je leur offrirai du 1 CHF par litre. Ma motivation est d’apporter une solution pour les agriculteurs qui ont la corde au cou.

 

Je prévois aussi de mettre en place des ateliers à la ferme pour les jeunes de nos écoles afin de leur faire découvrir la fabrication du fromage.

 

Cette fromagerie mobile vous prend-elle 100% de votre temps ?

Pour l’instant non pas encore, mais d’ici le début de l’année prochaine oui. Je vais commencer à construire ma fromagerie mobile et j’espère que dès l’automne prochain les genevois pourront déguster leur première raclette !

 

Être fromager, c’est un rêve de gosse ?

Oui, mon grand père l’était et je monte à l’alpage depuis l’âge de douze ans.

 

Si la vie était un fromage elle serait… 

Une bonne raclette !

 

Le Prix IDDEA étant terminé, quelles sont vos prochaines grandes étapes ?

Le prochain grand challenge est de trouver un espace pour mes chevaux dans le canton de Genève ainsi qu’une place où construire la fromagerie.

Impact environnemental : Agir et communiquer

Damien Friot est formateur au Prix IDDEA et est notamment responsable du cours «Impact environnemental, agir et communiquer». Qui est-il, quel est son parcours et qu’apprennent nos candidats avec lui ? Rencontre…

QUI EST DAMIEN FRIOT ?

 

Il y a 10 ans, Damien Friot co-fondait Quantis, une entreprise spécialisée dans le domaine de l’empreinte environnementale. Rapidement devenue leader dans son domaine, cette entreprise lui a permis de travailler pour des multinationales et de collaborer avec elles sur des approches environnementales très pertinentes mais encore trop peu appliquées.

Suite à la fondation de EA – Shaping Environmental Action en 2014, Damien a pris ses quartiers à l’Impact Hub de Genève et a dès lors côtoyé le monde des start-up. Rapidement, il y constate une lacune : beaucoup d’idées positives et de projets visant à améliorer la société prennent forme mais peinent à évaluer concrètement leur impact. Le formateur a donc décidé de proposer aux start-up le même type d’approche qu’aux multinationales pour les aider à comprendre si leur potentiel environnemental existe vraiment et comment le valoriser au maximum.

EN QUOI CONSISTE LE COURS
«IMPACT ENVIRONNEMENTAL, AGIR ET COMMUNIQUER»

 

Le cours vise à apprendre aux candidats à identifier les aspects environnementaux clés de leur activité ou de leur produit. Sont également étudiées l’analyse des risques et des parties prenantes en se basant sur des outils d’évaluation d’empreinte environnementale tels qu’ Ecobilan ou Analyse du Cycle de Vie.Les porteurs de projet apprennent à agir sur leurs impacts écologiques et à communiquer sur leur performance. Les aspects tant environnementaux que ceux liés au marketing,aux modèles d’affaires, aux contraintes opérationnelles et aux perceptions sont pris en compte.

« Je souhaite que mes étudiants soient capables de comprendre quels sont les impacts clés de leur activité et comment valoriser cette connaissance en terme de marketing et de communication auprès de leurs parties prenantes. »

LES RECOMMANDATIONS DU FORMATEUR…

 

«Je crois que la quanti cation basées sur l’Analyse de Cycle de Vie est essentielle, que ce soit pour du reporting, pour l’identi cation d’actions potentielles ou de la communication.

Cette approche fournit une vision structurée considérant toute la chaîne de valeur (incluant les fournisseurs, la production, les activités de consommation et la gestion des déchets) et couvrant un large nombre d’indicateurs (le réchauffement climatique, la santé humaine, les impacts sur les ecosystèmes, etc.)»

Qui est Après-GE ? Rencontre avec Rolin Wavre

APRÈS-GE c’est l’union de 300 entreprises et instituions de l’Économie sociale et solidaire. Elle est soutenue par une large communauté de membres qui béné cient de modèles d’organisation ou de gestion pour leur entreprises.

S’habiller de manière éthique et durable

La mobilité douce et l’alimentation sont deux sujets omniprésents lorsque l’on parle de développement durable. Plus discret mais non moins impactant pour notre planète, le thème de l’habillement…

« La détermination est essentielle à la réussite d’un projet!»

Le 24 novembre prochain, les trois projets lauréats du Prix IDDEA seront dévoilés à l’occasion du Gala de clôture de cette 5ème édition. Mais comment sont-ils choisis ? Pascal Bourgier, président du jury et coach chez GENILEM, nous parle des critères de sélection du Prix et rappelle aux candidats les clés d’une présentation réussie.

Le 11 novembre les candidats présenteront leur projet au jury qui choisira alors les 3 meilleurs projets. Sur quels critères sont-ils jugés ?

Le jury IDDEA base son évaluation sur de nombreux critères. Pour n’en citer que quelques-uns, l’existence et la validation d’un marché sont des prérequis à la réussite de tout projet. Si ces critères ne sont pas remplis et que la pérennisation du projet n’est pas assurée, il semble difficile de s’attarder sur des aspects de développement durable et de responsabilité sociale. Ce sont donc ces deux critères qui sont évalués en premier.

L’utilisation que les candidats vont faire du prix pèse aussi dans la balance. Par exemple, si un projet a besoin de 20 millions pour être mené à bien, gagner le Prix IDDEA ne lui sera pas d’une grande utilité pour son développement. Les projets sur lesquels le prix aura un réel impact sont donc privilégiés. Enfin, l’aspect innovant est également évalué lors des délibérations du jury. Si nous voyons pour la 20ème fois le même projet, celui-ci perdra nécessairement des points par rapport à d’autres concepts que nous découvrons pour la première fois. Or, rappelons que le Prix IDDEA a vocation à encourager « des idées innovantes de développement durable ».

Au fil des ans, de nouvelles tendances d’entrepreneuriat durable émergent-elles parmi les projets présentés ?

Depuis deux ans, nous pouvons constater un engagement particulièrement marqué pour la nourriture locale et les filières d’approvisionnement courtes. Cela reflète certainement une sensibilité grandissante de la société envers cette problématique ainsi qu’une envie de mieux connaître les produits que l’on consomme.

Les candidats devront présenter leur business plan au jury, avant de répéter cet exercice devant le public du théâtre Pitoëff : quels conseils leur donnez-vous ?

Sur le fond, un business plan doit être fondé sur la réalité du terrain. Les candidats doivent donc démontrer au jury qu’ils ont étudié le marché avant de se lancer et que les consommateurs sont prêts à mettre le prix qu’ils ont fixé pour leur produit ou service. Le succès ou l’échec de tout projet dépendra de la demande du marché. Je recommande aussi aux candidats d’insister sur la stratégie marketing et commerciale qu’ils ont mise en place afin de bien nous expliquer comment ils vont se faire connaître et arriver jusqu’au consommateur.

Sur la forme, mon conseil est le suivant : partez toujours du besoin pour exposer votre projet ! En premier lieu, parce qu’aucun business n’est possible sans l’existence d’un besoin. Ensuite, parce qu’il est nécessaire de créer un suspense et de tenir les auditeurs en haleine. Pour ce faire, je préconise l’utilisation de la méthode SIR : situation, impact, résolution. Une technique qui permet de bien faire comprendre au public quel est le besoin et de quelle manière le projet y répond. Enfin, face au jury, maîtriser le timing de sa présentation est indispensable ! Cela montre que l’on est préparé et que l’on connaît bien son sujet.

Gagner un prix ne suffit pas à la réussite d’un projet : quel élément est déterminant, selon vous, une fois le prix reçu ?
Très certainement la personne qui est derrière le projet : sa détermination et sa personnalité sont essentielles. Le plus beau projet du monde n’aboutira que s’il est porté par la bonne personne. Celle-ci doit être capable de se battre et de faire avancer son idée envers et contre tout car comme disait Michel Audiard, « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche » !

Propos recueillis par Anouk Zbinden

« Vous avez une idée? Foncez! »

Alors que l’appel à projets du Prix IDDEA a été lancé début février, Christophe Barman, CEO de Loyco et Président de l’Association IDDEA, nous explique, au détour de trois questions, ce que la participation à ce concours d’entrepreneuriat durable apporte aux candidats.

Christophe Barman, tout d’abord, pourquoi ce prix?

L’objectif est bien entendu de promouvoir un maximum l’entrepreneuriat durable. Nous n’avons pas tellement le choix, si nous voulons léguer aux générations futures un monde dans lequel elles pourront encore vivre correctement.

Et pourquoi y participer?

Pour transformer votre idée en véritable projet d’entreprise ! La plupart des prix d’entrepreneuriat durable exigent la présentation d’un business plan comme condition de participation. Nous souhaitions au contraire que tout un chacun puisse tenter sa chance. Notre objectif était de permettre à ceux qui ont une idée de projet durable de la concrétiser sans devoir surmonter seuls les barrières liées aux compétences de gestion d’entreprise. C’est pourquoi, les participants sélectionnés pour participer au concours IDDEA reçoivent 6 mois de formation gratuite. Nous avons également voulu un processus d’inscription le plus simple possible : il suffit aux candidats de poster leur idée sur notre site web et pour cela, 3 ou 4 clics suffisent !

 Que diriez-vous à une personne intéressée qui hésite à s’inscrire ?

Je lui dirais de foncer ! Si elle a une idée en laquelle elle croit, il ne faut pas que l’aspect gestion d’entreprise la freine. En effet, j’ai toujours été impressionné ces dernières années par la transformation des participants avant et après les formations IDDEA. Depuis le premier pitch de présentation des projets, où l’on voit se dessiner des idées aux contours encore flous jusqu’à la soirée de clôture, où des présentations bien ficelées s’enchaînent, l’évolution est réjouissante. C’est la preuve que les participants qui ont une idée valable, mais sans savoir comment s’y prendre, sortent grandis de ces formations et sont capables, in fine, de convaincre de la validité de leur projet, un business plan à l’appui.